Être nationaliste de nos jours est-il une plaie? J’allais dire contagieuse, mais ce serait trop beau pour être vrai! ;)

A été publié récemment le petit guide à l’intention du personnel enseignant québécois “Parlons de souveraineté à l’école”. Je n’ai pas à rappeler à personne les réactions médiatiques entourant le lancement de cet ouvrage. Ce fut le tollé général, la panique, que dis-je, l’hystérie collective. On se serait cru en pleine inquisition espagnole, sauf qu’au lieu de bouffer de l’hérétique, on se tape du nationaliste.

Larose et le CSQ: la cible

On a surtout visé Gérald Larose, président du Conseil de la Souveraineté, duquel conseil est issu le guide. Pauvre monsieur Larose! On l’a critiqué, comparé, molesté, insulté, vilipendé, pour finalement le brûler, dimanche soir à Tout le monde en parle, sur le bûcher devant toute la plèbe québécoise. Ce lynchage n’est pas sans rappeler la non moins pathétique affaire Michaud, où un autre militant nationaliste émérite s’est fait exécuter en plein cirque médiatique.

Ce que Larose a essayé de dire, entre 2 interventions de M. Huard, qui semblait en grande forme oratoire, c’est que le guide est né d’un désir d’exposer aux enfants l’option, les points de vues, et l’argumentaire souverainiste. Pourquoi ce désir? Parce qu’on se rend compte que le fédéral, lui, ne se gêne pas pour le faire. Or, le fédéral le fait d’une façon insidieuse et subliminale, alors que le guide souverainiste est transparent, non-financé par nos taxes, en vente libre dans les librairies. Aux professeurs de faire la part des choses.

Tiens, tiens …

Évidemment, de tels arguments n’ont rien pour soulever la population. C’est comme dire à un pompiste qu’il sent l’essence. Big deal! Or, voilà qu’aujourd’hui (03/04), en lisant Le Devoir, un entrefilet attira mon attention, et vint confirmer ce que Larose tentait de nous dire. La chose extraordinaire dans cet article est qu’il rapportait les propos du Sénateur Jean-Claude Rivest, ex PLQ, conseiller de Robert Bourassa pendant la période Meech/Charlottetown. Je le cite:

« Je vais souvent dans les cégeps et, sur les tables, je vois toujours des paquets de dépliants venant du fédéral. Et presque jamais de dépliants du Québec »

« Ce ne sont pas des manuels du parfait fédéraliste, c’est plus subliminal, mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait une espèce de déséquilibre »

Ce n’est pas grand chose me direz-vous? C’est toujours ça de pris je vous réponderai. Le bon sens et l’esprit de curiosité finit toujours par avoir sa place, au lieu de crier comme des damnés et s’énerver comme des poules pas de tête.

Se saborder soi-même

Que des fédéralistes critiquent cet effort, soit. Qu’ils critiquent le fait qu’il provient du Conseil de la Souveraineté et qu’il est édité par un séparatiste notoire, ok, parfait. Qu’ils s’émeuvent en disant, à juste titre, que c’est de la propagande, c’est normal. Mais que des souverainistes, tout attentionnés qu’ils soient, en profitent pour assassiner (encore une fois) un de leur fiers représentants, ça commence à être aliénant. Le politically correct va finir par avoir la peau de notre mouvement. We are at war gentlemen! Si on ne répond pas aux salves de notre ennemi, si l’offensive n’est plus possible sans recevoir une volée de bois vert, et ce même de la part de nos propres forces, et bien je ne donne pas cher de notre peau. Rendons les armes et arrêtons d’essouffler les milliers de militants souverainistes pour rien.

Être nationaliste aujourd’hui, réfléchir à des moyens de faire avancer nos positions, proposer, penser, poser des gestes, c’est s’exposer au tir groupé de ceux qui s’opposent à l’émancipation politique du Québec. La nouveauté, c’est qu’on s’expose aussi aux tirs provenant de nos propres tranchées. Attristant.

JS.

P.S. Je n’ai pas lu le livre en question, mais mon article s’articule surtout sur le principe de l’existence du document. C’est aussi l’angle que les médias ont abordé. Si le travail, à l’intérieur de la couverture est bâclé, là, c’est un autre débat.

Conseil de la Souveraineté
Les Éditions Les Intouchables
Le Devoir

Les commentaires sont fermés.