Du statut de Nation

27 novembre 2006

De un, désolé pour le délai démesuré entre les dates de tombés de mes chroniques. Non je n’hiberne pas en hiver, par contre je sors d’un profond coma, asocial et franchement exagéré, dû principalement à la charge herculéenne du projet sur lequel j’ai œuvré cet automne.

[…]

Sur un autre front, je me suis rendu compte en me réveillant du dit coma (!), que mon pays est soudainement une Nation. Wow! Chouette. Mais, attendez une petite seconde, quelque chose cloche dans tout ça. Après avoir lu et relu les éditoriaux, articles, visionné les reportages, tant à la radio qu’à la télé (ici et ), un petit détail me turlupine un tantinet: pourquoi est-ce un gars de Calgary qui me dis à moi que mon pays est une Nation? Pourquoi est-ce un officier d’une Nation étrangère qui semble statuer sur la nature de ma patrie? Pourquoi est-ce quelqu’un d’une ethnie, culture, et langue différente de la mienne qui juge des fondements de ma société?

Bah! Après tout, à tout prendre, j’accepte son offrande. Ce canadien n’aura jamais mon vote, mais je crois qu’il vient de poser un geste important, le premier d’une série qui fera que le Québec sera reconnu comme une Nation, saine et viable, aux yeux du monde entier.

Je suis content que Duceppe ait accepté d’appuyer la motion. Monsieur Gilles Duceppe est un grand parmi les grands. Son dévouement à la cause souverainiste est sans faille. Il se lève tous les matins pour aller diriger un parti qui ne prendra jamais le pouvoir, mais qui défend la cause nationale du Québec. Il a encore une fois pilé sur son orgueil afin d’accepter la motion Harper, et reconnaître sa boulette. Il a enduré les quolibets fédérastes, supporté les étranges questions des médias, et a dû manœuvré avec prudence parmi les militants souverainistes. Lorsque tu gères le destin de l’option indépendantiste, on doit se sentir comme un déménageur qui manipule un lustre de cristal sous les yeux de madame.

Je suis aussi content de constater que Duceppe s’est abreuvé aux anciens ténors souverainistes pour prendre sa décision. Outre Boisclair, les Landry, Parizeau, Bouchard (ce dernier m’a fait plus plaisir que les autres encore), ont eu droit à l’écoute du chef bloquiste. C’est rassurant de voir cette cohorte de nationalistes resauter. Peut-être les verra-t-on tous sous les drapeaux, lors du prochain référendum sur la question nationale. Qui sait? Je suis confiant.

Mon Québec, une Nation? Je mets ça dans ma petite poche, et je continue mon chemin en esquissant un petit sourire narquois.

En terminant, je rends hommage en ce dimanche, aux combattants patriotes qui ont chassé les britanniques de St-Denis, tout près de chez moi, à coups de pelles, fourches, et mousquets de fortunes.

Nous vaincrons!

JS.

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