Exaltations

23 mai 2007

Cette période de grâce que je vénère à chaque année est de retour.  C’est cette fenêtre de quelques temps à peine: plus tout à fait le printemps, mais pas encore l’été.  Là où le verdoiement de la nature est aveuglant tellement il explose.  Sans être chauvin, je dirais que son épicentre en est le Mont-Saint-Hilaire.

Il est bon de rentrer rejoindre cette oasis, de longer le chemin des Patriotes, au fil de la rivière.  À cette heure du jour les rayons du soleil forment sur l’eau une pellicule chatoyante, qui aurait sans doute raison de tous les chercheurs d’or du Klondike.  Puis on arrive au détour de la rue St-Anne, là où des 2 côtés de la rive, les clochers de Beloeil et Mont-Saint-Hilaire se font face, se défiant presque, témoignant du flegme des villageois les ayant érigés.  Ces constructions de pierres, ainsi que plusieurs des maisonnées environnantes, sont riches de leur histoire.  Elles empestent encore la poudre des mousquets anglais et patriotes ayant fait feu, lors des rébellions de 1837-38 qui ont enflammé ce coin de pays.

De mon petit coin de jardin, j’observe cette petite montagne se gonfler de cette si précieuse chlorophylle.  Les bouffées d’air frais qu’elle procure sont médicalement indispensable, et donne même le vertige aux non-initiés de tant de pureté.  Les petits volatiles qu’elle délègue dans nos arrière-cours sont plus que bienvenus.  Le chant de tout ces Merles, Cardinaux, Chardonnerets et ces Geais d’un bleu éclatant, me berce les sens pendant que j’évacue tout doucement les affres d’une éreintante journée.  Plus de JSF, de WebSphere Commerce, ni de certificats SSL, mais seulement la douce mélodie d’un chez soi accueillant et réconfortant.

Il n’y a rien de plus reposant que de se mettre pieds nus, et accompagner une charmante dame de 2 ans et demie dans son carré de sable.  Le plaisir étant d’écouter attentivement les complexes explications de cette dernière, à propos d’un amas de sable, qui, une fois l’architecture décortiquée en détail, se révèlera n’être qu’un gâteau (destiné à sa maman paraît-il).  Ce bien-être est rehaussé par la victoire de la veille, durement acquise, au dépend du Bar l’Arrêt-Stop, 7-5.  Ma sélection au sein de l’équipe de balle Lettrage Claude, aussi, cicatrise les coups de griffes infligées par le quotidien.  Les quinquagénaires qui composent l’alignement partant n’ont que faire de l’encodage des caractères en UTF-8 d’une JSP, ou d’une NullPointerException, et ça fait du bien.

J’ai voulu écrire ces lignes pour catharsiser ce moment de bonheur qui me tombe sur la gueule ces jours-ci, et dans lequel je croque violemment.  Demain je vais assister à la première représentation télévisée de mon enfant qui se pomponne nerveusement au creux de ma Julie.  Ceci n’est rien pour désamorcer l’embellie en cours.  Et c’est très bien comme ça.

JS.

Une réponse à “Exaltations”

  1. Charles Says:

    Ce coin de pays, tu n’es pas le seul à en apprécier la beauté cher Sébastien.

    Il y a aussi l’honorable monsieur Pierre Curzi… qui doit régulièrement s’évader dans cet environnement vert et inspirant.

    Disons-le, il en aura bien besoin d’inspiration… comme toute son équipe d’ailleurs.

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